mes bocaux

J’ai testé le food truck Mes bocaux de Marc Veyrat

 Dans la famille des Food Trucks, j’ai voulu tester un concept qui me paraissait à part : Mes bocaux, à ne pas confondre avec la chaîne de restaurants Boco. Mais si ! vous savez, les camions de Marc Veyrat, le très illustre chef au large chapeau noir du lac d’Annecy…vous visualisez maintenant ?
Pourquoi à part ?
Tout d’abord parce que les plats sont signés par un grand chef dont la réputation n’est plus à prouver. Sur le pavé parisien, il est plus habituel de croiser dans leurs camions de jeunes chefs en quête d’aventure et d’indépendance plutôt que de grands noms de la haute gastronomie française. Cela étant, Marc Veyrat n’était pas au volant de son truck je vous rassure 😉
Ensuite, parce que le principe de cuisine de rue qui consiste à débiter des burgers,  tacos ou autre spécialité sous les yeux ébahis d’une clientèle affamée n’est pas à l’ordre du jour dans les camions de Marc Veyrat. Ici, la commande se fait sur internet tout comme le paiement (très pratique). Les plats sont mitonnés dans une cuisine centrale (Saint Denis d’après les dires du chauffeur), ce qui nous assure certainement des normes d’hygiène et de sécurité excellentes. Et enfin, les repas sont acheminés et distribués depuis les camions dans les beaux quartiers parisiens.
La dernière originalité qui peut paraître bête et qui a attiré mon attention, c’est que le camion est réellement ambulant contrairement à la plupart des food trucks qui ne sont mobiles qu’entre leur parking et leur point de vente. En effet, Mes bocaux marquent 4 arrêts différents de 25 minutes chacun dans le 8ème arrondissement entre 11h50 et 13h45. De quoi nous rappeler les fameux camions magasins qui sillonnent la campagne en klaxonnant vigoureusement pour alerter tous les habitants du village de leur présence…Est-ce une astuce pour contourner la fameuse demande de stationnement à la mairie de Paris  qui fait trembler tous les food truckeurs ? Aucune idée ! En tout cas, chapeau le chauffeur qui maîtrise l’art de rester zen et souriant alors qu’il faut affronter le stress des embouteillages et respecter des horaires de livraison tout en pianotant sur son téléphone pour alerter ses clients des minutes de retard accumulées…bref, une vraie course contre la montre !
 Donc me voilà postée à l’heure, avenue Marceau pour recueillir mon panier repas commandé la veille sur Mes bocaux…10 minutes plus tard, toujours pas de camion à l’horizon. Mince ! Me suis-je trompée d’adresse ? d’horaire ? Un SMS m’avertit que non, le trafic étant un peu dense (tu m’étonnes !) le camion aura du retard. Ah, le voici ! Monsieur le conducteur (seul) saute de sa cabine, ouvre à toute allure son auvent motorisé (heureusement pour lui) et commence sa distribution. Les plats sont stockés dans des caissons chauffants isothermes,  la soupe dans des thermos (et hop, un coup de siphon sur le dessus pour faire joli avec la crème), le tout dans un sac en papier avec couverts noirs signés Starck, je tends ma facture pré-payée (12,50 €) et le tour est joué. « Suivant ! « . Au total deux clients et un piéton curieux… »c’est bizarre qu’il n’y ait pas plus de monde quand même », me dis-je. Monsieur le chauffeur replie son auvent  aussi vite qu’à l’arrivée, bondit dans sa cabine et le voilà reparti dans la circulation. Sac à la main, les marches d’une église toute proche me servira de table à manger (merci petit Jésus ;)).
Si c’est bon ? Franchement délicieux ! Surtout la soupe de pois cassés ; le poulet curcuma et citron est également réussi mais un peu trop citronné à mon goût (pas acide cependant). Quant au riz, il ne suffit pas à éponger la montagne de sauce du poulet.
Je suis repue et frigorifiée par ce temps humide mais aussi peu déroutée par cette expérience de cuisine de rue qui en a la couleur mais pas l’odeur : pas de cuisinier, pas de fumée, pas de monde, pas de table haute sur laquelle s’accouder 10 minutes…en un mot : pas de chaleur. Nous sommes très loin des stands de la place Djema el-Fna ou des « food courts » de Singapour voire même du rassemblement de food trucks du MK2 avenue de France.  Cette solution est peut-être pratique pour des cadres pressés qui n’ont que 10 minutes pour engloutir un repas devant leur ordinateur chaudement installés dans leur  bureau. Mais il faut être un minimum organisé car la commande doit être passée au plus tard à 11h30 le jour même.  Finalement, ce principe n’est-il pas contraire à l’idée que l’on se fait de la street food ? A méditer donc…

 

 

 

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