Saturne, Paris 2

Comment se rendre sur Saturne ? C’est tout simple : on y débarque en métro à la station Bourse, à deux encablures du Palais Brongniart. Son signe particulier : ces anneaux de glace et de poussière qui l’enveloppe. C’est aussi la signature de ce restaurant-cave où la glace et la poussière subliment les assiettes.
Pas loin d’avoir quitté la terre ferme, nous voici projeter dans un décor scandinave : lignes épurées, ton chaud apporté par le bois clair, appliques design, agréable lumière tamisée produite par les bougies et les nuages en papier blanc (signés Céline Wright) qui flottent au-dessus de nos têtes. Une demi-feuille A4 traine négligemment sur notre table. Tiens, qu’est-ce ? Un petit mot doux du chef ? Dans le mille ! Il s’agit des 7 mets qui vont s’enchainer sous nos yeux curieux et nos palais émoustillés par tant de produits rares dénichés rien que pour notre plaisir. Menu imposé, laissez-vous porter, vous allez aimer.
Après un rafraichissant vin naturel pétillant (sans sulfites)- Oh la, la, mais c’est bon ça ! Où est-ce que l’on trouve ça ? Nulle part ? Allez, vous m’en mettrez deux à emporter- le balai des serveurs peut commencer. Accrochez vos serviettes et ne vous jetez pas sur la corbeille à pain (même s’il est très bon). Au programme : 3 entrées, 2 plats et 2 desserts (60€) avec en option, un vin en accord avec chaque assiette (60€/personne). Le compte à rebours est lancé, décollage réussi…
1) Poireaux, fourme d’Ambert, pignons de pin (et petite glace qui se cache là dessous) ; quand je vous disais que la glace et la poussière étaient la marque de fabrique !  J’ai aimé mais j’aurais adoré avec un peu moins de fromage dont le goût (ça n’engage que moi) prend le dessus sur le reste de l’assiette. En tout cas, ça réveille les papilles…et j’aime être surprise.
2) Asperge verte, veau de lait, pamplemousse : ici c’est l’inverse, j’aurais apprécié un peu plus de pamplemousse qui relève divinement le veau (oui je sais, je suis casse-pied).
3) Anguille fumée, betterave, raifort : trio gagnant ! Sans hésiter, mon entrée préférée. Juste parfait, l’association des saveurs est renversante.
4) Turbot sauvage, navets blancs, coquillages (et petites fleurs d’églantine très jolies et parfumées) ; un seul mot : magnifique ! Cuisson, jus, notes piquantes apportées par les herbes..tout est divin.
5) Agneaux des pyrénées, grand roux, olive (et trévise) : du lourd ! Tendre et croustillant. Encore une fois, l’association des saveurs est absolument géniale ; il fallait « juste » y penser.
6) Argousier et coriandre, faisselle de chèvre : très spécial (à traduire : je n’ai pas vraiment apprécié).
7) Chocolat, foin, céleri (et encore de la glace). Quelle découverte ! Le céleri frit avec le chocolat, c’est é-pa-tant.
En bref, le voyage sur Saturne en vaut la peine même si tout ne correspond pas « exactement » à son goût. Certes, la formule est risquée car comme chacun sait : « on ne peut pas plaire à tout le monde ». L’exercice est d’autant plus périlleux sur sept assiettes…en tout cas, ce qui est certain, c’est qu’avec un tel choix, tout le monde y trouve son bonheur, à moins d’être vraiment, vraiment compliqué (ou blasé). Si comme moi, vous aimez être surpris, vous êtes curieux et gourmand, le périple sur Saturne vous ravira. Finalement voyager, c’est aussi un peu cela : le dépaysement, l’étonnement, les rencontres…et même s’il y a des moments plus forts que d’autres, ce sont les bons souvenirs qui restent. Merci Sven Chartier, si jeune et si talentueux, de nous avoir emporter aussi loin.

17, rue Notre-Dame des Victoires
75002 Paris

Première salle côté rue ; je conseille plutôt
la salle sous la verrière avec vue sur la cuisine.
Au fond, vue sur la cuisine ouverte
et l’armoire à vins sur la gauche
Coucou ! Je te connais toi dans la vitre 😉

 

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