Le Hide, Paris 8

Le Hide porte bien son nom : petit restaurant situé dans la petite rue du Général Lanrezac dans le 17ème arrondissement de Paris, non loin de la grande place de l’Etoile ; il est presque impossible de passer devant si l’on habite pas le quartier. Et pourtant, j’ai atterri au Hide samedi soir, attirée par les commentaires alléchants lus sur Tripadvisor. Cette table méritait-elle réellement le classement octroyé par les 247 internautes avertis ? Il faut avouer que faire partie du 1% des restaurants les mieux notés de Paris est, pour tout cuisinier, une preuve de réussite patente, non ?

Je parviens donc à réserver 48H à l’avance pour un samedi soir, ce qui me semble une prouesse pour un restaurant parisien en vue. Cependant je tique lorsque l’on me propose une table pour 19h…C’est seulement en arrivant à  21H15 que je comprends que ce restaurant est fréquenté essentiellement par des touristes (Tripadvisor, la magie d’Internet !). Vous repasserez pour le restaurant de quartier 😉

Décoration simple et minimaliste : lumière tamisée, quelques fausses orchidées discrètes dans les coins, des miroirs pour donner de la profondeur à la salle avec une note rouge apportée par les rideaux ainsi que les sets et serviettes en papier.
Un service absolument adorable : deux jeunes filles souriantes et efficaces se faufilent entre les 33 couverts de cette petite salle. Je vous déconseille de venir boire un verre au bar en attendant votre table car vous aurez du mal à lever le coude tellement l’endroit est exigüe.
Dans sa micro cuisine, on entrevoit le très concentré chef japonais Kobayashi qui s’active aux fourneaux paré de son serre-tête noir qui retient sa crinière poivre et sel. 


Et les plats arrivent rapidement après la commande…

  • Merveilleuse surprise avec mon entrée : Fonds d’artichaut à la Barigoule et Ravioles de ricotta et truffe blanche. Même si la carte avait omis de mentionner le navet et le morceau de potiron dont je suis moins fan (rupture de stock d’artichauts ?), le plaisir n’en est pas gâché car le bouillon est exquis ; le mélange subtil de ricotta et de truffe blanche avec une pointe de ciboulette et de piment d’Espelette fonctionne parfaitement. L’équilibre de la truffe et des autres ingrédients permet de sentir toutes les saveurs. Voici une recette que j’emprunterais bien au chef…ça commence très bien tout ça !
 
  • Un gros bémol pour le plat : Fricassée de homard à la fondue de poireaux. Encore une fois, la magie a opéré : les poireaux se sont transformés en écrasé de pommes de terre, fèves, le tout surmonté de soja poêlé. Dans cette assiette à pas totalement chaude, l’écrasé de pommes de terre étouffe le homard qui aurait mérité un traitement plus délicat. Je vous assure, Monsieur Kobayashi : les assiettes sont suffisamment copieuses, comme l’attestent d’ailleurs,  les pièces de viande qui défilent sur les autres tables. En résumé, ce homard n’est pas très net. Entre les sauces, les fèves au goût douteux, la purée et autres décorations superflues…on ne sait plus bien ce que l’on mange…Aurais-je été un peu audacieuse de commander du homard à 22€ le plat ?
  • Superbe Poire belle Hélène en dessert. Le chef ne se moque pas de ce classique de la gastronomie française. C’est absolument divin : poire entière moelleuse à point (pas besoin de couteau), crème au chocolat façon petit pot, sauce au chocolat, glace à la vanille et en prime, une meringue. Véritablement délicieux. Rien de très nouveau mais que du frais, du bon, de la qualité et cela fait toute la différence.
 
En bref, j’ai plutôt bien dîné. En revanche, je n’irais pas jusqu’à dire que cette table est « fantastique », « excellente » ou « parfaite » comme j’ai pu le lire sur Tripadvisor car il y a clairement des choses à redire.  C’est une bonne adresse qui se défend bien pour goûter à la cuisine traditionnelle française avec un très bon rapport qualité/prix, à condition de ne pas se lancer comme moi, dans des plats trop ambitieux (évitez le homard). Comme dirait le fameux Guide Vert, ce restaurant « ne vaut pas le voyage » mais « mérite un détour ». A vous de juger maintenant !

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